Veggie/Vegan, pourquoi ?

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La question à un million d’euros : pourquoi suis-je donc devenue végétarienne ? 

Attention, asseyez vous confortablement, cette histoire est un peu longue.
Papa, Maman, Famille & Amis, si vous vous posez encore la question, malgré de longs débats animés, voici un
début de réponse.

Depuis toute petite, je déteste la viande. Mais vraiment, hein, quand ma maman cuisinait des repas à base de chair animale (c’est à dire quasiment tous les repas) je triais au maximum dans mon assiette, laissant le plus possible de poulet, poisson, porc boeuf ou lapin de côté. J’avais des hauts le coeur en mangeant, mais bon fallait bien manger de la protéine, « vois-tu ma fille ça te fais grandir et ça te donne des muscles forts. »Certes. Je ne leur donne pas tort, bien au contraire, mes parents ont toujours fait ce qui est bien pour leurs enfants. Mais non. J’éprouvais un vrai malaise sans vraiment mettre de mots dessus, je pensais donc que c’était normal, puis comme on dit, on les a tués faut bien les manger sinon ils seront morts pour rien.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours vécu avec des animaux. Ma maison, c’était le royaume des chats, il ne s’est pas passé un seul jour de mon existence sans que j’aie un chat à mes côtés. Et il ne me serait jamais venu à l’esprit de les manger. Ce n’est que récemment que j’ai pris conscience que je mangeais des vaches et des poulets, qui font partie du même « ordre », les animaux, alors que mon chat se prélasse tranquille au soleil dans mon lit. Ca m’a semblé totalement illogique. Genre, ça m’a frappée d’un seul coup.

Depuis que je ne vivais plus chez papa et maman, sans trop y penser, je ne mangeais quasiment plus de viande ou de poisson, hormis un fish&chips de temps en temps ou un croque monsieur par ci par là. Et ce jour là, pendant que j’observais le steak haché préparé pour Amoureux (qui adorait la viande jusqu’à il y a peu), j’ai eu un déclic. C’était un bout de chair morte. Un morceau de cadavre d’animal qui jusque là gambadait tranquille dans sa prairie (enfin s’il a eu de la chance). Un truc M.O.R.T. Je me suis sentie submergée par une vague de dégoût, profond et violent, qui m’a fait rester un quart d’heure la tête dans les toilettes à vomir 24 ans de consommation de chair d’animaux. Bon app’ et bonjour ma conscience.

Lorsqu’Amoureux est rentré du travail pour déguster son défunt steak, sans lui laisser le temps de passer le pas de la porte, je lui ai dit d’un ton catégorique : je suis végétarienne. Lui, gentil et habitué à mes lubies passagères (un jour j’ai voulu apprendre à tricoter, je suis allée acheter quantité de pelotes de laine, d’aiguilles et d’accessoires en tout genres. Ils sont toujours dans leur boîte.) a acquiéscé et m’a dit que c’était bien, qu’il me soutenait. Avec le temps, quand il s’est rendu compte que « ça ne me passait pas », on s’est mis à en discuter, et j’ai pris le temps de lui expliquer ma démarche, pourquoi et comment j’en étais arrivée là, comme ça du jour au lendemain (enfin si on veut, considérant que je n’aimais déjà pas ça de base, il ne m’a pas été difficile du tout de supprimer complètement la chair animale de ma vie, bien au contraire. J’ai eu l’impression que c’était normal, et que ça aurait toujours du être comme ça.) Nous nous sommes mis à regarder des documentaires sur le sujet, tout en restant objectifs bien entendu, histoire d’approfondir ma démarche, voir le pourquoi du comment de tout… ça. J’ai également acheté des livres. Lu lu et relu, et partout c’était la même histoire, les animaux sont considérés comme des choses desquelles nous humains pouvons disposer comme bon nous semble, nous pouvons décider de les élever, de les tuer et de les manger, juste pour une histoire de plaisir. Les conditions dans lesquelles ils vivent, qu’ils aient 4 ou 2 ou pas du tout de pattes. Les conditions dans lesquelles ils sont tués (c’est un bien joli mot comparé à ce que nous avons vu, j’ai fort envie d’utiliser le mot « massacrés » quelquefois, même s’il ne faut pas faire de généralités). De quelle manière ils sont utilisés, jusqu’à la dernière petite parcelle de leurs corps sans vie sert à faire quelque chose. Et en plus, the cherry on the cake, l’élevage, ça pourrit la planète. Amoureux et moi, nous avons trouvé ça dingue. Et dégueu, faut dire les choses comme elles sont. Toute cette histoire m’a encore plus confortée dans mon choix, je ne mettrai plus jamais un être autrefois vivant dans mon corps. FINI.

Nous avons éprouvé beaucoup d’incompréhension, aussi. Comment tout ça peut il se passer tous les jours sans que nous en prenions vraiment conscience ? Oui, tout le monde le sait, on tue des animaux pour les manger. Mais entre savoir et le comprendre, l’intégrer, pour de vrai, il y a un monde. Pour ma part, j’ai eu l’impression de m’être réveillée d’un long long long rêve qui a duré 24 années, où j’entendais mais n’écoutais pas. C’est une sensation difficile à mettre en mots, et qui depuis m’habite tous les jours. Depuis, dès que j’utilise un produit quel qu’il soit, je me demande quelle partie de quel animal se trouve à l’intérieur, et j’en éprouve un profond malaise.

Je ne suis pas stupide non plus, j’arrive à faire la part des choses, je sais que mon engagement personnel ne va pas changer la face du monde. Mais je me sens en accord avec moi même, et comme dirait Tolkien,« même la plus petite personne peut changer le cours de l’avenir ». Je n’écris pas cet article pour embrigader qui que ce soit. Ce n’est pas mon genre, je respecte les choix des autres, parce que je mets un point d’honneur à ce qu’on respecte les miens. J’écris pour relater mon expérience en tant que bébé végétarienne, un peu aussi pour mettre en mots ce que j’ai dans la tête depuis un certain temps déjà. Ca me donne la sensation d’être apaisée. Je me suis trouvée, et en quelque sorte, je m’accomplis pleinement en vivant de la façon que j’estime être la mieux pour moi et pour le monde. Et ça me plaît.

Depuis, je ne le clame pas sur tous les toits, mais je ne le cache pas non plus. Je n’hésite pas à le préciser quand je suis invitée à manger quelque part. Et peu importe les débats que ça provoque, je suis toujours prête à expliquer mon choix calmement, posément et de la façon la plus sensée possible, pour éviter les questions débiles du genre « Mais les légumes c’est vivant aussi t’es au courant? » « Mais si un jour t’as envie d’un poulet, tu peux le manger non? » C’est pas à la carte les gars, t’es végétarien ou tu l’es pas. C’est un choix, et parfois, c’est un besoin. Point.

En plus, les légumes, c’est vachement bon.

Voilà.

Quand quelqu’un te demande pour la millième fois: « mais tu manges que des plantes? »

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