Job & veganisme : mariage difficile, divorce compliqué

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Cela fait déjà quelque temps maintenant que je suis vegan, que je vis parfaitement bien mon veganisme au quotidien, que je suis au top de ma forme et du bonheur, en accord avec mes principes. Le rêve, quoi. Les paillettes, les licornes, petit poney magique, tout ça.

Oui sauf que comme tout le monde, je suis bien obligée de travailler pour vivre. J’ai donc trouvé un nouveau boulot, et s’est imposée à moi une nouvelle problématique de taille : comment concilier mon veganisme (attendez la suite avant de râler) avec le fait de travailler dans un… Salon de thé / pâtisserie ? Voilà mon nouveau défi, challenge, problème, ma nouvelle grosse galère du quotidien. Puisqu’il en faut, hein, sinon tout serait trop facile 😉 A vaincre sans péril on triomphe sans gloire, n’est ce pas.

Avant d’en dire plus, je tiens à préciser quelques points : aujourd’hui, quand on cherche du travail et qu’on est vegan, il est quasiment impossible de trouver un emploi en accord avec ses principes. A moins d’avoir la chance de pouvoir dire Fuck the society, d’aller construire sa cabane au fond des bois au Canada et de faire pousser ses propres patates, ca n’est simplement pas possible.Il y aura toujours quelque chose qui ne va pas avec les convictions. A mon niveau j’entends. Ajoutons à cela le fait que les CDI aujourd’hui, ça ne court pas les rues, et me voilà en train de foncer tête baissée dans la première annonce qui m’en promets un pas trop loin de chez moi.

Le hic : c’est un job de serveuse dans un salon de thé qui propose des pâtisseries. Rien de très vegan la dedans, voyez vous. J’étais au courant avant de postuler, je savais plus ou moins à quoi m’attendre. Maisentre la théorie et la pratique, il existe un infini de possibilités. Puis bon disons les choses comme elles sont hein, je ne peux pas du tout me permettre de refuser un boulot, quel qu’il soit (bon ok j’aurai pas postulé à un job dans une boucherie ou quoi, hein. Disons que j’ai établi une liste de « moins pire que ».)

Entretien super génial, on me met très à l’aise, même si je suis passée vite vite sans regarder l’étalage de gâteaux dans la boutique. J’y réfléchirai plus tard, ai-je pensé sur le coup, pour l’instant l’important c’est le job. Durant l’entretien, on me parle des pâtisseries sans gluten qui sont mises à disposition des personnes qui le souhaitent. Je tente alors une feinte en glissant en rigolant que les pâtisseries vegan, c’est pour quand, alors? Effarement total en face de moi, « les trucs vegan y’a rien dedans c’est vraiment pas bon, pourquoi tu dis ça, t’es vegan? » Euh… Que dire, que faire. D’un côté, je vis pour mes convictions, je suis engagée à fond dans ce que je fais, je défendrai la cause animale contre vents et marées. Et de l’autre, j’ai une meute à nourrir. J’ai alors pris conscience que si je disais la vérité, je ne serai jamais embauchée. Et ce job, j’en ai énormément besoin. J’ai alors ravalé toute ma colère, et j’ai répondu « non pas du tout » avec un grand sourire. Mais en vrai, j’avais envie de pleurer.

Quand je suis rentrée, j’ai réfléchi longuement à ce qui venait de se passer. Je me suis rendue compte qu’au même titre que la discrimination raciale (ou toute autre forme de discrimination) à l’embauche, j’ai failli être discriminée parce que je refuse de participer à la destruction de la planète et à l’horreur que subissent les animaux au quotidien. J’ai également compris que le monde de la pâtisserie n’est absolument pas encore prêt à revoir sa copie et à utiliser des produits qui ne proviennent pas d’animaux.« Parce que sinon c’est pas bon » voyez vous. Ah oui. Très bien. J’ai aussi appris une chose importante de la vie : on ne peut pas toujours faire ce qu’on veut. Je rêve d’un boulot où je peux annoncer sans crainte aux gens que je suis vegan, et que je travaille dans le respect total des animaux. Mais concrètement, encore une fois pour ma part, c’est pour le moment impossible.

Aujourd’hui, j’ai été embauchée. Je dois quotidiennement servir des gâteaux aux gens, fabriqués avec desoeufs, du beurre et j’en passe. Je dois amener un petit verre de lait aux enfants qui le demandent. (Même s’ils ne font pas partie de la famille des bovins, que je sache.) Le soir, nettoyer les banquettes en cuir sur lesquelles des gens se sont assis toute la journée sans même se rendre compte de ce qu’il en est vraiment. Je dois sourire constamment, même si j’ai juste envie de crier que tout ça n’est pas normal, injuste. Je dois cacher qui je suis vraiment, parce que j’ai l’impression que si je dis que je suis vegan, je n’aurai aucune chance de dépasser le délai de ma période d’essai.

Se pose alors pour moi une question fondamentale. Que dois-je faire ? Mettre mes convictions au premier plan et refuser de travailler et de cautionner ce genre de pratiques qui me répugnent ou fermer ma bouche, aller tous les jours au travail en souriant et en se disant qu’au bout d’un moment, je vais bien finir par m’habituer?

J’ai décidé de faire les deux. Je ferme ma bouche, et je cherche activement un nouveau job qui me permettrait de ne pas être dépitée d’avance en sachant que le lendemain, tout recommence.

La finalité de cet article (un peu décousu je vous l’accorde), c’est d’essayer de comprendre comment est il possible de concilier vie professionnelle et convictions personnelles. Dans mon cas c’est un peu compliqué. Je suis vraiment partagée, même si mes convictions sont les plus fortes, je dois bien vivre, voilà. C’est malheureux mais c’est comme ça. Et ça m’agace énormément. Envisageons de créer des boulots spéciaux « vegan » SVP. Ca m’aiderait beaucoup 😀

Bon après, la plus grosse difficulté concrètement c’est d’être en face de personnes fermées totalement au concept de non violence et de respect envers l’animal, et de devoir manipuler des produits animaux a longueur de journée. En soi ça n’est pas si grave me direz vous. Ben pour moi, ça l’est. Puis assister en plus de tout ça à des scènes ou des personnes gaspillent des aliments produits dans la douleur pour la plupart, ça me gonfle encore plus. Mais je dois serrer les dents et sourire. Le sourire hypocrite, c’est la clef. Mais je n’aime pas du tout vivre comme ça. J’ai hâte de changer de boulot. Et de pouvoir m’y rendre le matin un (vrai) sourire aux lèvres, et pas une boule au ventre parce que je ne correspond pas au « profil type de la serveuse » et que je vais devoir cacher ma vraie nature de vegan militante. FUCK. Voilà.

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2 réflexions sur “Job & veganisme : mariage difficile, divorce compliqué

  1. C’est complexe comme problème. Franchement ne te prend pas trop la tête sur ca pour l’insant, il faut bien que tu vives. Comme t’as dit, prend un job et cherche a coté qqc qui te convient mieux 🙂

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