Pourquoi les véganes ne portent pas de laine / fourrure / soie / cuir (et cachemire, mohair, angora et les autres) 🐾♥️

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Je vous mets en garde mes chatons, cet article n’est pas facile à lire. Il contient des propos durs, je suis consciente d’être moins soft que d’habitude.
Mais le sujet ne se prête pas vraiment à mon côté Bisounours, et parfois, une bonne vérité toute crue vaut mieux qu’un enrobage de sucre qui mets du temps à fondre.
Je m’excuse par avance donc du ton parfois « énervé » que j’emploie, mais j’ai énormément de mal à rester calme quand j’écris ce genre d’article, surtout que je dois chercher des informations qui me retournent l’estomac et le coeur.

 Quand j’ai écrit le titre de cet article, j’étais partie pour vous faire un résumé de « seulement » 4 matières animales. Puis en cherchant un peu, je suis tombée sur deux de plus, puis encore deux, et encore… Je me suis alors rendu compte que beaucoup de choses que l’on a chez soi, que l’on utilise au quotidien proviennent des animaux. Ce n’est pas normal. Il existe aujourd’hui des alternatives, qui permettent de remplacer toute cette horreur par des matières synthétiques, moins cruelles.
Je vous informe donc, cet article traite non seulement des habits que vous portez au quotidien, mais aussi des oreillers, doudounes, couettes qui pourraient contenir des plumes et du duvet d’oie, qui sont récoltés dans la douleur et la souffrance. Et une astuce toute simple pour vérifier que vous n’en avez pas chez vous : il suffit de regarder les étiquettes 🙂

Pourquoi les véganes ne portent pas de laine ?

La laine, pour la plupart des gens, c’est la pelote que maman / mamie tricote au coin du feu / devant la télé / avec le chat qui essaie de croquer les aiguilles, pour finir en joli pull beige qui nous tiendra chaud cet hiver. On a aussi l’image du petit mouton blanc et tout mignon qui se promène tranquille dans son pré. Cette image va avec la phrase qu’on nous serine si souvent : « Mais la laine c’est pas violent, les moutons sont tondus en été, et si on ne faisait pas ça ils auraient trop chaud. »
Les images qu’on nous mets dans la tête depuis l’enfance sont difficiles à effacer. J’ai moi même eu du mal à comprendre pourquoi la laine est un si gros problème. Puis je me suis penchée sur la question, et ce que j’ai découvert m’a laissée sans voix.

Les moutons élevés pour leur laine sont en règle générale élevés de manière intensive. Ils sont traités ni plus ni moins comme des pelotes de laine géantes dont il faut extraire le plus possible de matière pour pouvoir faire du bénéfice.
Tout petits, les agneaux subissent des maltraitances diverses, comme la castration. On leur coupe également la queue, on leur perfore les oreilles pour les identifier avec un numéro, et tout ça sans anesthésie.
Ils sont souvent gardés dans des prés où ils manquent d’endroits pour s’abriter. Leurs éleveurs n’ont pas toujours le budget pour leur apporter les soins dont ils peuvent avoir besoin. Un exemple qui traduit bien cette situation : il arrive souvent que des mouches pondent leurs oeufs dans les replis de peau des moutons, et ils se font alors dévorer par les larves. Pour remédier à ça, les éleveurs ont développé une technique barbare et horrible : le « mulesing« . Le mulesing, ça consiste à couper au mouton un gros bout de chair sous la queue, pour éviter que les mouches pondent leurs oeufs dans cette région. De nombreux moutons succomberont à une infection suite à cet acte. Et nous ne parlons bien entendu pas d’anesthésie, de suivi post opératoire ni de soins (dans la plupart des cas).

Quant à la tonte des moutons, ce n’est absolument pas un acte anodin et banal comme on voudrait nous le faire croire. Au contraire, c’est extrêmement violent pour le mouton : il sera privé d’eau et de nourriture quelques heures avant pour éviter qu’il se rebelle, puis il sera attrapé sans ménagement par une personne qui est là uniquement pour tondre le plus possible de ses congénères dans la journée (puisqu’elle sera payée au volume de laine obtenu), maintenu parfois avec violence, blessé par les instruments coupants dont on se sert pour la tonte, ce qui conduit à beaucoup de souffrance qui aurait pu être évitée.
Les moutons ne sont pas tondus en été uniquement. Ils sont tondus au moment où ils ont le plus possible de laine sur eux et cela n’arrive pas toujours en plein mois de Juillet. Ce qui fait que certains moutons meurent prématurément, de froid, quand ils sont tondus trop tôt. Ou à l’inverse, ils mourront de chaud, puisqu’ils ne seront pas tondus à temps.

Et pour contrer une bonne fois pour toutes cet argument selon lequel il faut tondre les moutons pour leur bien, parce que sinon ils ont trop chaud en été, je dirai ceci : avant que nous humains avides d’argent ne venions coller notre nez dans leurs affaires, les moutons se débrouillaient parfaitement tous seuls. Leur laine tombe en partie lorsque la saison s’y prête. Une sorte de mue, si vous voulez. La nature est quand même bien faîte, non ?

Une fois trop vieux pour produire de la laine de qualité (trop vieux selon nos propres estimations) les moutons sont envoyés, devinez où… A l’abattoir, pour être égorgés / découpés / consommés. Puisque l’horrible adage « tout est bon dans le cochon » s’applique aussi au mouton. Ce serait dommage de gaspiller.

Pourquoi les véganes ne portent pas d’angora ?

Les pulls qu’on obtient avec la laine d’angora sont d’une douceur infinie. Oui. Pour nous. Parce que pour les lapins qu’on a épilé pour pouvoir obtenir la laine, ça n’a absolument pas été doux, ni agréable, ni rien.

Les lapins élevés pour leur fourrure (qu’on transforme ensuite en laine) vivent de façon déplorable. Ils sont enfermés dans des cages minuscules, souffrent de solitude et d’ennui. De blessures, aussi : il arrive régulièrement que les lapins de blessent aux pattes. Certains élevages ne sont pas aux normes concernant l’hygiène, et les lapins vivent dans des cages extrêmement sales. Parfois, il n’y a même pas de chauffage, ce qui conduit à la mort de certains lapins qui se sont vus ôter leur fourrure, et qui n’ont donc plus rien pour se réchauffer seuls.

Quant aux méthodes d’arrachage de la fourrure des lapins, elles sont ignobles. Il existe deux méthodes pour ôter la fourrure des lapins : l’épilation au peigne / la tonte ou tout simplement l’arrachage à vif de leurs poils. Cette dernière méthode est la plus cruelle, puisqu’il arrive souvent que des morceaux de peau de l’animal viennent avec la fourrure. Cela leur cause des blessures douloureuses et combiné avec le manque de soins et d’hygiène, inutile de vous dire que les lapins ne font pas long feu dans ce genre d’endroits. Et pour ceux qui survivent, ils sont envoyés à l’abattoir pour finir en nourriture.

L’association One Voice a réalisé une enquête très complète sur le sujet, en infiltrant plusieurs élevages de lapins angora en France, pendant des mois. Si vous désirez vous renseigner plus avant, c’est par ici. Mais attention, les images sont difficiles.

Et le mohair, le cachemire, l’alpaga et le pashmina ? 

Toutes ces fibres proviennent également d’animaux que l’on a tondu et à qui on a volé la fourrure, qui leur est pourtant utile, puisqu’elle est là. La nature fait rarement les choses par hasard 😉 En plus, la plupart du temps, ces fibres proviennent de pays où la protection animale n’est pas au mieux, voire inexistante : Mongolie, Népal, Amérique du Sud.

Ces animaux subissent donc mauvais traitements, manque d’hygiène et de soins, et sont traités comme de vulgaires produits de consommation.

Comme tous les autres, une fois que les animaux ne produisent plus assez de poils qui pourront être transformés en laine et donc ne sont plus assez rentables, on les envoie à l’abattoir pour les transformer et les consommer ensuite.

Pourquoi les véganes ne portent pas de fourrure ?  

La fourrure, c’est quelque chose que j’ai toujours trouvé abject, bien avant de devenir végane. Je ne concevais pas qu’on puisse se balader avec des animaux morts sur le dos. Les femmes (ou les hommes d’ailleurs) qui se trimballent avec d’énormes manteaux de fourrure, je trouvais ça horrible et d’une vulgarité sans nom. Comment peut-on prendre du plaisir à exhiber la mort d’autrui ?

La fourrure, personne ne sait vraiment d’où elle provient, en plus. Il peut tout aussi bien s’agir de fourrure de chat ou de chien qui vient de Chine, où ces animaux sont massacrés (parfois dépecés vivants) pour leurs poils. Vous pouvez également avoir la surprise de découvrir que la chapka en fourrure que vous vous êtes offert pour Noël vient d’un raton laveur, ou d’un castor. Tout ce qui a des poils peut servir à faire un manteau, un bonnet, une écharpe.

Les animaux utilisés pour leur fourrure proviennent soit d’élevages (comme les visons par exemple, qui sont élevés dans des cages minuscules, et qui finissent par s’auto mutiler et devenir fous) soit sont capturés dans la nature (et ces derniers sont ceux qui ont le moins de « chance » : il peut arriver qu’ils restent coincés dans des pièges des jours durant, avant qu’on vienne les ramasser. Certains en arrivent à se ronger des membres pour se libérer.)

En plus, comme si ça ne suffisait pas que l’animal aie du mourir pour que l’on fasse de son pelage un manteau, il a du mourir dans des conditions abominables. En effet, pour qu’une fourrure soit « belle« , il est nécessaire que l’animal aie souffert lors de sa mise à mort, sinon ses poils ne seront pas dressés. Et comme il ne faut pas que la fourrure soit tachée de sang, le procédé de mise à mort se résume par électrocution anale ou génitale. Ces procédés sont longs et douloureux, et inhumains.

Pourquoi les véganes ne portent pas de soie ? 

A l’origine, la soie, c’est la matière avec laquelle les vers à soie se fabriquent un cocon pour passer de l’état de larve à l’état de papillon. Mais ils n’auront jamais l’occasion de découvrir ce que c’est que d’être un papillon, pour la plupart.

Ce qui intéresse les personnes qui fabriquent la soie, c’est ce cocon qui entoure la larve avant qu’elle ne devienne papillon : c’est là dedans que seront prélevés les fils de soie.
Le procédé pour récupérer la soie est simple : ils vont ébouillanter les larves (vivantes) à l’intérieur de leurs cocons pour pouvoir défaire ces cocons et en tirer des fils de soie.
Imaginer tuer un être vivant de cette façon est déjà atroce, mais cela l’est encore plus quand vous imaginez que pour faire 1kg de soie, il faut sacrifier environ 6600 vers à soie.
Rien de bien pacifique là dedans, donc.

Ceci dit, pour les papillons, ce n’est pas bien mieux. Une fois leurs oeufs pondus, les femelles sont écrasées puis étudiées pour vérifier qu’elles sont saines et non porteuses de maladies. Si c’est le cas, tous ses oeufs seront alors détruits. Les mâles n’étant pas utiles à l’industrie de la soie, ils seront éliminés directement.

J’ai conscience que cette manière de fabriquer une matière « appréciée« n’est pas celle qui choque le plus, parce que les vers ne sont pas aussi mignons que des chatons ou des chiots. Cela perturbe moins les consciences, j’en conviens. Mais ce n’est absolument pas une bonne raison pour se dire qu’on a le droit de tuer des êtres vivants qui n’ont strictement rien demandé, afin d’en extraire un produit qui servira aux humains.

Pourquoi les véganes ne portent pas de cuir ? 

Le cuir, quand on y pense, c’est le même principe que la viande : il s’agit de porter un bout de peau morte. Un morceau de cadavre en décomposition, donc. Pardon, hein, mon but n’est pas de choquer loin de là, mais de faire ouvrir les yeux sur la réalité de la chose.

Aujourd’hui, ça me heurte profondément de voir les gens faire la différence entre porter de la fourrure et porter du cuir. De la même manière, il s’agit de se vêtir avec les restes d’un être vivant.
Le pire dans tout ça, c’est qu’on nous présente le cuir comme provenant le plus souvent de vache, ou de veau. Oui. Mais pas seulement. Comme pour la fourrure, le cuir peut tout aussi bien provenir de chats, de chiens, de cerfs, de chevaux, de chèvres, de cochons ou bien d’agneaux. On ne sait jamais vraiment.

En plus, les manières de tuer ces animaux sont affreuses (si belle manière il existe, ce dont je ne suis pas du tout convaincue.) En Chine par exemple, les chiens sont assommés, parfois pas suffisamment pour les rendre inconscients, puis égorgés et dépecés. Souvent lorsqu’ils sont encore vivants.

Quand il s’agit des vaches, ce n’est pas mieux. Souvent, le cuir des vaches est obtenu après que la vache aie passé sa vie en élevage industriel (avec tout ce qui s’ensuit donc, enclos à l’hygiène plus que douteuse, maladies, castrations sans anesthésie, puis voyage vers l’abattoir en camions surchargés), qu’on l’aie découpée en morceaux après l’avoir égorgée pour utiliser à peu près tout ce qui est utilisable d’elle. La peau finira donc en cuir.

Et pour bien faire le tour de la question, le cuir peut également provenir de crocodiles, de serpents. On appelle ça le « cuir exotique« .

Et si tout ceci ne suffisait pas à vous convaincre, dîtes vous bien que ces peaux en décomposition, il faut bien faire quelque chose pour qu’elles durent dans le temps. Elles sont alors traitées avec des dizaines de produits chimiques tous plus toxiques les uns que les autres. Et ça finira sur nos pieds sous forme de chaussure, à notre bras sous forme de sac, à notre taille sous forme de ceinture ou carrément sur nous sous forme de veste.

Si vous cherchez une alternative, penchez vous sur le cuir d’ananas ou Pinatex 🙂 cette matière découverte tout récemment imite à merveille le cuir animal et n‘a causé aucune souffrance (les ananas ne sont pas sujets à la douleur, jusqu’à preuve du contraire).
Sinon, vous avez le simili cuir, qui ne vient pas non plus d’animaux mais de matières plastiques (entre autres), moins écolo que le cuir d’ananas mais qui au moins n’a requis aucune mort violente pour être fabriqué. Et en plus, c’est moins cher 🙂

Pourquoi les véganes ne portent pas de plumes ou de duvet ? 

Quand j’étais petite, j’avais un oreiller en plumes. Il était génial, tout moelleux, énorme, on s’enfonçait dedans et on n’avait pas du tout envie de s’en sortir. Un jour, on m’a dit ce qu’il y avait à l’intérieur. Ca m’a choquée et dégoutée au plus haut point : j’avais l’impression de dormir sur un oiseau mort. Cette idée que mon bien être est mis au premier plan, avant celui des animaux dont on a volé le pelage m’a toujours semble absurde et cruelle.

Je ne le savais pas avant d’écrire cet article, mais les plumes / duvets utilisés dans l’industrie textile sont souvent ceux des oiseaux utilisés pour faire du foie gras. En achetant des objets comportant du duvet, indirectement, on cautionne et encourage les industries alimentaires qui se servent des animaux pour faire des bénéfices au détriments de vies. Si vous ne vous souvenez plus comment est fabriqué le foie gras, je vous renvoie à mon article qui contient un paragraphe sur le sujet.

Les procédés pour ôter les plumes et le duvet des oiseaux sont à peu près les mêmes que ceux utilisés pour les lapins angora : on leur arrache à même la peau, sans anesthésie ni rien, ce qui occasionne des blessures, parfois sévères. Lorsque cela arrive, on se contente de les recoudre à vif.

Ces plumes / duvets serviront à remplir des oreillers, des couettes, ou encore des doudounes. Et comme il est difficile (même impossible) de savoir d’où provient le duvet qui est contenu dans l’objet que l’on s’apprête à acheter (la majorité du duvet présent dans les objets du quotidien provient d’animaux morts, mais il existe cette petite partie qui vient du plumage à vif des animaux), il est préférable de s’abstenir. C’est encore la meilleure solution pour ne pas cautionner cette horreur.

Si vous cherchez une alternative, privilégiez plutôt les matières synthétiques, qui n’ont fait souffrir aucun animal 🙂

En conclusion les lapins, cet article n’a pas vocation à être pessimiste, malgré toute la souffrance qu’il contient. Je sais pertinemment qu’à force de poser des petites pierres, nous pourrons un jour ériger un mur qui nous éloignera de ces méthodes barbares et inhumaines qui sont pratiquées aujourd’hui partout dans le monde.

La solution réside en chacun de nous, il suffit de faire attention à nos actes du quotidien pour ne pas participer à toute cette cruauté. Par exemple, il est facile de regarder les étiquettes des vêtements que l’on achète pour vérifier que ce pull doudou qu’on s’apprête à ramener chez nous (pour remplir notre dressing déjà bien trop rempli haha) ne contient pas de laine, ou bien que la capuche de cette jolie veste n’est pas faite avec de la fourrure.

J’espère que cet article vous aura servi, ou qu’il vous servira si vous souhaitez expliquer à quelqu’un qui ne comprends pas en quoi porter une matière animale est cruel. Et n’oubliez pas, toujours dans le calme (même si c’est difficile) et le respect de l’autre (tout aussi obtus soit-il) 🙂

With Love

Sources : veganisme.fr // PETA // 269 Life // Les Insoumis // One Voice  // Vegan Pratique

3 réflexions sur “Pourquoi les véganes ne portent pas de laine / fourrure / soie / cuir (et cachemire, mohair, angora et les autres) 🐾♥️

  1. Pingback: Vegan Home : Mon dressing 👗♥️ |

  2. Ton article est drôlement dur mais aussi drôlement complet, et je te félicite pour les recherches que tu as mené. Pour ma part, cela fait bien longtemps que je n’achète plus de vêtements dans le commerce. Je suis adepte des friperies, et pour rien au monde je retournerai au bon vieux système classique. Mes vêtements coutent 10 fois moins cher, et en plus je sauve des animaux parce que je ne porte pas de fringues faits avec eux !

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